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[CARTE POSTALE] Profiter d’août et en faire une année

Profiter d'août et en faire une année, Justine Marcoux

Les vacances, c’était toujours dans le sud. D’abord, parce que j’y vivais, ensuite, parce que mes parents y vivent toujours, finalement, parce que cela me ramène à mon enfance. La boucle est bouclée, les vacances d’été se feront toujours dans le sud de la France, entre Juillet et Août.

Et puis on grandit. On n’a plus envie d’aller aux mêmes endroits, on a d’autres amis, d’autres projets, moins de temps. Alors on s’adapte.

Et l’adaptation cette année, ça a été non pas de prendre 2 mois de vacances comme avant, même pas 2 semaines comme récemment, mais plutôt plein de petits week-ends par ci par là. 

Et ce qui a le plus marqué mes week-ends, c’est la Normandie. Sur les plages de Cabourg et Granville, au soleil couchant et en musique d’abord puis sur fond de Molkky et de moules frites ensuite.  On a profité des longues soirées d’été, celles où l’air est plus léger que le reste de l’année, où tout le monde est plus détendu, même si on a travaillé vendredi, et qu’on y retourne lundi. Même à Paris il y avait cette ambiance de vacances, grâce aux après-midis en plein air, aux rues vides du mois d’août, aux places assises dans le métro… Quel que soit l’endroit, même peu paradisiaque – on fait mieux que la ligne 3 la veille du 15 août – l’ambiance estivale était partout. C’est une atmosphère particulière, comme s’il était impossible de se sentir stressé, oppressé, tracassé par les soucis habituels du quotidien. Tout appelle à la décontraction, à prendre son temps, à profiter.

Chaque séjour était différent, chaque week-end avait le goût des grandes vacances, chaque trajet en train devenait une aventure et chaque logement une découverte.

Les vacances sont finies et pourtant elles ne m’ont jamais parues aussi longues. Je ne suis pas partie loin mais c’est comme si j’étais allée à l’autre bout du monde : chaque personne, chaque endroit, chaque moment était unique et a créé un souvenir particulier dans ma mémoire. Pour cela, peut-être que la fin des grandes vacances et avec elle la fin de l’enfance, n’est pas quelque chose de négatif. Peut-être que grandir c’est s’accorder des vacances de l’esprit seulement : profiter de cinq jours, d’un week-end, parfois même d’un après-midi seulement entre amis. Puis rentrer chez soi, et se dire que ces quelques heures ont suffi pour s’échapper un peu. Grandir, c’est peut-être même incorporer les vacances à son quotidien : profiter de la beauté de chaque moment. Pas seulement quand on ne va pas au travail, pas seulement quand on se baigne dans l’océan. Mais partout, tout le temps, à Paris, sous la pluie, le samedi et le dimanche mais pourquoi pas le mardi aussi ? Peut-être que les vacances c’est d’abord dans la tête et si on fait l’effort on peut y être toute l’année. 


Le son : Dolce Vita de Ryan Paris date de 1983.

Le texte et le visuel : Justine Marcoux


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