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Felipe Gordon nous fait découvrir la Colombie pluvieuse en musique

Felipe Gordon Felipe Gordon à la JAVA

Felipe Gordon est un producteur colombien dont on peut écouter la musique électronique depuis 5 ans. A l’époque, il avait inauguré son label bogotanais (on dit comme ça) Nómada Records avec No Days Off, un EP de 3 titres disponible en digital uniquement. En 2018, il sortait 7 EP sur autant de labels dont 2 allemands et 1 britannique. Morale de l’histoire ? Une internationalisation des artistes, avec notamment un Felipe Gordon qui sort un edit de Fela Kuti ou encore un EP rendant hommage au patron de Détroit Moodymann. Surtout, un Felipe Gordon qui fait une tournée européenne avec Imported et est programmé à la Java (Paris) ce samedi 9 mars 2019. [D’ailleurs, RDV à la fin de l’article pour tenter de gagner deux places]

La question demeure. Pourquoi le ferait-on venir de si loin s’il n’avait pas quelque chose que la scène parisienne ne se vante d’avoir déjà ? Ses origines. Oui, une Colombie loin du soleil et de la mer. Voilà ce qu’il a – une sorte de Normandie tropicale. On a donc discuté avec lui et voici le Bogotá de Felipe Gordon ou tout du moins une ébauche. Celui qui se nourrit de musique tropicale, de rap, des Doors et de TB303. Rien que ça.

La Colombie, quelle Colombie ?

Soucieux de mieux comprendre ce qui fait la spécificité de Felipe Gordon, on a échangé avec lui autour de ses origines et de la place qu’elles prenaient dans sa musique. Avec beaucoup de poésie, voici ce que nous dit Felipe Gordon au sujet de su país (le genre d’introduction qu’on aime bien) :

Je viens de Bogotá, la capitale du pays, située sur l’altiplano Cundiboyacense, entourée des montagnes de la Cordillère des Andes. Là-bas, il fait froid et la majorité du temps il pleut. Les rues bogotanaises sont désordonnées et un chouïa chaotiques. Et pourtant, elles sont en même temps pleines de vie, en témoignent les arbres qui la peuplent.

Ce que Felipe nous dit par là, c’est qu’il incarne une autre Colombie que celle qu’on pourrait attendre. Un autre climat, une autre culture, et par conséquent une autre musique. Ce n’est pas le camiseta negra de Juanes (ndlr : chanteur colombien dont le talent n’égale pas la notoriété).

La scène bogotanaise

Il s’identifie à des artistes comme Eblis Alvarez des Meridian Brothers. Des personnes qui dans leur jeunesse se sont nourries de rock et de musiques non-électroniques pour finalement les recycler en les ouvrant vers de nouveaux horizons. Dès lors, on se retrouve avec du Louis Armstrong syncopé, une ligne acid mêlée à un piano enfantin…

Je me considère comme une nouvelle génération colombienne. Je ne vis pas dans un climat tropical. Je ne suis pas né près de la mer et de sa plage. Ma musique et mon inteprétation du monde viennent de la mélancolie de cette grande ville (ndlr : Bogotá) au climat légèrement hostile.
J’ai grandi dans un quartier familial où j’écoutais du punk et du rock puis plus tard du jazz et du blues. Ce n’est que plus tard que j’ai découvert la bossa nova ou l’afrobeat par exemple.

Encore une fois, nous parlons ici de la musique, un des arts les plus précocement mondialisé. Pensez aux photos de Malik Sidibé qui dans les années 1960 photographiait des danseurs bamakois posant avec des vinyles de… James Brown. Nous parlons donc d’un Felipe Gordon quia sans doute des références communes à pas mal de mélomanes de son âge mais qui remplace son George Brassens par Los Corraleros De Majagual qu’il écoutait en famille étant petit.

S’il y avait une chose à dire pour clore le sujet, ce sera sans doute Mario Galeano (aka Frente Cumbiero) qui le dira mieux que nous :

Ce mélange entre noirs, indigènes et blancs, c’est le plus grand trésor de l’Amazone car c’est le seul endroit en Amérique latine où ça se passe comme ça »

Le mélange des cultures comme base de toute musique digne de ce nom. Encore une fois la qualité de la musique se joint au message qu’elle fait passer. Et si vous comprenez l’espagnol, jetez un coup d’oeil au reportage de Vice qu’on vous a mis en fin de playlist. Il est au top.


Felipe Gordon par :

Au texte : Nils Savoye

Au dessin : TBA

Pour tenter de gagner deux places pour la soirée du 9 mars qui se tiendra à la Java (event Facebook), envoyez-nous un mail à contact@lescamoteur.fr en nous disant de quelle ville vient Felipe Gordon – et ce qui vous passe par la tête.

Puis pour les malchanceux voici le lien des préventes ->https://bit.ly/2J0euQb

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