Deux à la quarantaine

Julie Savoye pour L'Escamoteur pour la Quarantaine

Oui, on pourrait croire qu’il y a arnaque. Là où le gentil crémier vous en met 13 à la douzaine, ici on aurait un rapport un tantinet moins avantageux. Eh bien ce n’est pas le cas puisqu’on ne parle pas d’omelettes en puissance mais plutôt de murs d’enceintes qui bavent des kilos de techno. Deux, c’est pour les deux joyeux lurons Julien aka Ponpon et moi-même. La quarantaine, c’est pas l’anniversaire de ton tonton à la salle des fêtes du coin. On va te dire.

Ersatz de rave en amont

Dès les années 90, des teufs sauvages s’organisent. Tu stationnes devant une cabine téléphonique. Un jeu de pistes se met en place. Tu prends les rênes de ta R5 et tu files. Tu finis par arriver dans un lieu nécessairement paumé et tu y restes a minima une douzaine d’heures histoire de bien goûter le son.

Cette idée de lieu tenu secret reste l’apanage des soirées héritières de cette culture. La comm passe désormais pas les réseaux sociaux (1198 participants, 2611 intéressés, 5893 invités sur l’événement Facebook). Des annonces de line up sont partagées au compte-goutte. Le terrain est labouré en long, en large et en travers pour être sûr que les 2000 personnes attendues répondent bien présent.

Jeu de pistes quand même

On reçoit ainsi quelques heures avant l’événement un mail garni de l’adresse. Equipés d’un biberon et les ventres déjà bien tendus nous prenons alors le métro pour 29 stations, juste le temps de philosopher avec entrain. Au fur et à mesure les badauds se font rares et le public suspect. L’effervescence s’installe réellement quand attendant un changement les quelques 200 personnes sur le quai se rendent compte qu’elles vont toutes au même endroit.

Tous descendent puis chacun semble trouver son chemin en se paumant gentiment. C’est ainsi que partageant le chemin avec un groupe, nous nous retrouvons dispersés en trois entités après la dure épreuve d’un carrefour. Nulle inquiétude, les biberons sont pleins et la nuit nous appartient. Surtout, nos oreilles sourdent en même temps que des passants nous proposent divers loisirs plus ou moins bons marché. Le chemin est le bon, nul doute ne nous terrassera.

Quarantaine en montée

Nous passons les rais de plastique qui pendant du haut du hangar et notre cash se transforme en tickets boisson. Le système son sait occuper le lieu. Tout ce qu’on sait c’est que les basses occupent notre corps et font en sorte que nos pieds marquent chaque temps pendant que les mains s’occupent du (ré)créatif. Un endroit semble avoir été ameublé pour le chill mais ce sont une cinquantaine d’heureux gagnants qui l’occupent. L’espace en extérieur – qui a l’air d’être le parking de l’ancienne entreprise où nous nous trouvons – est vierge de toute déco ou quoi. Même le VJing qui devait être assuré par les Ouatinées est malheureusement passé à la trappe pour raison technique. Soyons clairs : l’intérêt de cette soirée est dans le son et la sympathie générale du public. Mieux vaut l’aimer quand ils sont 2000.

La quarantaine persiste et signe

Après 7 heures de ces doux allers-retours entre le dancefloor, le bar, l’extérieur et les toilettes, le temps du retour pointe le bout de son nez en même temps que le soleil bien qu’il se cache derrière les nuages. Le jeu de pistes de l’aller se refait dans l’autre sens, tout comme les 29 stations. Même jeu que de croiser les zigues qui ont aussi participé à la soirée. Les indices changent pourtant cette fois-ci : chaussures et pas de pantalon boueux, yeux petites, lutte contre le sommeil. On arrive, on dort, on se lève. C’est alors une toute autre quarantaine qui s’annonce : celle du dimanche.

 

Bref, suivez-les sur Facebook pour aller à la prochaine. Ca vaut le détour.

 

Signature et crédits :

Le son : Une ancienne playlist proposée par Aleksandra, tatoueuse bénévole du collectif la Quarantaine.

Le texte : Nils Savoye

Le visuel : Merci à Julie Savoye qui a fait un dessin en s’inspirant d’une photo prise par Alex, autre membre du collectif.

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