Monte Crystal. C’est autour d’une jam d’anniversaire que je les avais rencontrés. Chacun voyait qui était qui et par association d’idées je m’étais retrouvé dans une cave, sans instrument à la main car actif plutôt du côté de l’oreille, déçu de ne pas avoir apporté un harmonica ou un appareil photo, merdeux de ne pas avoir passé comme eux les heures perdues de ma jeunesse à gratter des cordes ou taper des caisses claires.
Selon qui vous êtes, ça vous touchera peut-être sans pour autant vous faire bouger, mais légèrement aviné et spectateur d’un show improvisé, je me retrouvais avec quelques gugusses du groupe improvisant sur The River, un titre présent sur un des vingt-sept albums studio de King Gizzard & The Wizzard Lizzard – attention, d’ici à ce que vous me lisiez on en sera peut-être à vingt-huit.
Mais assez du contexte. Il y a donc de ces moments où on a la chance de passer de l’autre côté du rideau – eux, ils diraient côté jardin – et on se pique alors de curiosité pour le futur d’une personne. « Tiens, si elle prenait sa plume un lendemain de veille pour nous raconter son surréalisme parisien à l’aube du vingt-et-unième siècle ? Tiens, si elle se mettait à fond sur le projet et qu’elle sortait un album, qu’est-ce que ça donnerait ?» Vous voyez ? Eh bien, la boucle appelle à se boucler car déjà ce futur prend forme puisqu’aujourd’hui sort un clip de ces bons vieux Monte Crystal – on dit des Crystaux ?
Ce titre est extrait de leur deuxième EP à paraître au printemps. Si vous suivez bien, le premier s’appelait Côté Cour et on passe maintenant Côté Jardin. Non pas qu’iels soient phobiques de la scène puisque pas plus tard que dans quinze lignes vous apprendrez qu’ils sont en concert à Paris tout bientôt. L’album sort au printemps… hasard ? Il n’y a pas de hasard. Des Airs cache une forêt à écouter la fenêtre ouverte quand le paysage défilera. Que dis-je, elle cache une rivière et sa berge ombragée, où tu iras piquer une tête de temps en temps pour te rafraîchir un peu les idées et laisser infuser ce mot de sept lettres que tu ne parviens pas à trouver.
Des airs. Oui, ça chante en français, à deux. Joan. Paul. Paul. Joan. A ne pas confondre avec John Paul Jones qui n’a rien à envier aux talents des bassiste et claviériste en présence sur ce titre. Paul et Joan se répondent, se superposent, forment ce qu’on appelle un duo dans le fond. J’écoute beaucoup Crosby Stills Nash & Young en ce moment donc je dois avoir un biais cognitif mais je trouve un peu de Teach Your Children dans cette guitare que Paul intronise vers la soixante-deuxième seconde.
Et je finirai de marquer mon point, car Teach Your Children n’est pas la chanson la plus fun de l’album mais il se trouve qu’on a avec Monte Crystal un agréable mélange qui se met en place. J’ai en tête que la mission première est de former une foule souriante et dansante quand j’écoute Des Airs. Si vous ne me croyez pas regardez le clip en entier et vous comprendrez. Comme des envies, vous connaissez, de crier un bon vieux Céchoçaputun. D’essayer de comprendre le couplet dès la première occurrence pour pouvoir l’accompagner dès qu’il reviendra. De garder cet air en tête pour le rechantonner à l’occasion à ma douce.
D’ici à la sortie de l’album – si vous avez suivi, qu’il vous faudra écouter exclusivement fenêtre ouverte si c’est dans une voiture – mettez vos vestes les plus funky, attrapez un métro ou un vélo ou vos jambes et rendez-vous sur la Seine ce vendredi. Faites attention de placer, entre la Seine et vous, un bâtiment qui s’appelle La Péniche Marcounet. Pourquoi donc ? Parce que ce bien joli groupe que vous venez d’écouter, de voir et de lire en même temps y sera pour vous livrer un concert et des morceaux de l’album à venir en exclusivité. Puis, parait-il qu’ils savent faire la fête et que les neuf euros payés pour entrer incluent un DJ fantasque qui vaut tous les détours si la funk a un sens pour vous. Venez tôt, venez chauds !
UN SON : Côté Cour de Monte Crystal, à paraître le 17 avril 2026 avec la sortie de leur EP « Côté Jardin »
UN TEXTE : Nils Savoye
UN VISUEL : Photographie de Clémence Demesme
Et pour le concert de vendredi 23 janvier 2026, ce sera donc Quai de l’Hôtel-de-Ville, Paris 4, pour neuf euros en prévente et dix sur place.